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Les pouvoirs publics doivent aider les centres de FLE

Entretien avec le directeur du site fle.fr publié par LePetitJournal.com le site des Français expatriés, sur la situation des centres de FLE en France et leur place au coeur de la stratégie (...)

Entretien avec le directeur du site fle.fr publié par LePetitJournal.com le site des Français expatriés, sur la situation des centres de FLE en France et leur place au coeur de la stratégie d’attractivité internationale de la France.


EXTRAITS

Quels sont les principaux problèmes rencontrés par les centres de FLE à l’occasion de cette crise sanitaire ?

"Depuis mi-mars l’activité des centres de FLE est quasiment à l’arrêt, tout simplement parce qu’ils accueillent en temps normal des participants venus de tous les pays pour des séjours de formation et de découverte en « immersion ». Des étudiants étrangers mais aussi des professionnels qui ont besoin du français de communiquer en français dans le cadre de leur travail, d’autres qui sont à la recherche de séjours associant la pratique de la langue à une découverte culturelle et touristique de notre pays et pour les plus jeunes, notamment scolaires, il s’agit souvent de se préparer à des examens et diplômes.

Dès la mi-mars, et du jour au lendemain, tous ces publics sont repartis et depuis restent dans leur pays, les frontières étant fermées et les liaisons internationales interrompues. Depuis la mi-mars, l’activité des centres de français est donc à l’arrêt quasi complet. Certains ont pu mettre en place des cours en ligne, mais cela reste très loin de compenser les pertes colossales engendrées par l’absence des publics en présentiel.

A ce jour, malgré l’assouplissement des contraintes de mobilité au niveau européen, aucune reprise d’activité « significative » n’est envisageable avant l’été prochain. Il ne me paraît donc pas exagéré de parler d’une situation dramatique car elle a des conséquences pour l’avenir immédiat de ces établissements mais aussi pour leurs personnels, enseignants permanents et souvent temporaires, et pour les écosystèmes locaux qui bénéficient habituellement de l’impact économique de cette activité : prestataires d’hébergement, de transports, restaurants, commerces... Ce secteur d’activité génère en effet en temps normal des retombées qui se chiffrent chaque année en millions d’euros."

"Malgré un label d’État qu’ils financent, les centres de FLE échappent au radar des politiques publiques"

Les centres ont-ils reçu des aides financières de l’Etat ?

"Dans un premier temps les centres ont pu éviter une fermeture définitive en s’adossant à l’ordonnance du 25 mars dernier permettant aux professionnels du tourisme – incluant à titre exceptionnel les « voyages et séjours linguistiques » - de proposer un avoir valable 18 mois à tous les participants dont le séjour a été annulé à cause de la pandémie.

Par ailleurs, comme toutes les organisations, ils ont pu bénéficier du dispositif gouvernemental permettant le maintien de l’activité partielle prise en charge 100 % par l’État et l’Unedic jusqu’au 30 juin.

Par contre pour la suite, l’enseignement du français langue étrangère n’est pas encore clairement identifié parmi les secteurs d’activité éligibles au Plan Relance Tourisme.

Cette situation est d’autant plus anormale que depuis plus de 10 ans la plupart des centres de FLE sont labellisés par l’Etat au titre du label "Qualité FLE" délivré par trois ministères : Tourisme, Enseignement supérieur et Culture : trois secteurs d’activité majeurs accompagnés par l’État !

Les professionnels étaient donc en droit d’attendre que leur secteur d’activité, qui a cette particularité de relever de ces 3 secteurs, soit clairement identifié parmi ceux qui peuvent prétendre aux mesures du Plan Relance Tourisme. Ce n’est malheureusement pas exprimé clairement et beaucoup de responsables découvrent à cette occasion que ce label ne les « protège » pas.

De plus, malgré une demande formulée unanimement par leurs représentants auprès de France Education International, l’opérateur public en charge du dispositif de labellisation, les centres se sont vus opposer une fin de non-recevoir à leur demande d’exonération de la contribution financière annuelle.

Ce qui choque beaucoup de professionnels c’est que ce refus est de nature strictement administrative, alors que dans le même temps d’autres opérateurs publics ont su prendre la mesure de la situation et adapter leur mode de fonctionnement.

Pour certains professionnels un audit indépendant de ce dispositif de labellisation entièrement contrôlé par une administration d’Etat, s’impose afin d’en évaluer sérieusement le coût en regard des bénéfices sur l’activité des centres, indépendamment de son apport en termes de démarche qualité.

Aujourd’hui, il ne reste donc d’autre choix aux centres que de s’adosser au secteur de l’"enseignement culturel", mentionné comme tel dans le Plan Relance Tourisme et dont leur activité principale relève. Cependant c’est au risque que, dans leurs relations avec les administrations concernées, les solutions soient à chercher au cas par cas. Cela est naturellement dangereux et risqué. Le refus d’une administration pour un centre se traduira inévitablement par sa fermeture."

"La place des centres de FLE est au cœur de l’attractivité internationale de la France"

Qu’attendent aujourd’hui les centres de FLE des pouvoirs publics ?

"Les centres de FLE attendent prioritairement une confirmation claire que leur domaine d’activité est éligible aux mesures de sauvegarde relevant du Plan Relance Tourisme notamment pour ce qui concerne la prolongation des mesures en faveur de l’activité partielle et l’exonération de paiement des charges sociales et fiscales.

A ce jour, malgré l’intervention d’élus et la mobilisation des professionnels, aucune réponse concrète et tangible n’a été apportée à ce sujet.

Pour le reste, la profession a déjà relevé la tête et prépare le moment où il faudra reconquérir sa place dans la compétition internationale. Et cette place est au coeur de la promotion du français et du tourisme linguistique dont le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a fait une priorité dans la stratégie d’attractivité internationale de France."

Lire l’entretien intégral sur LePetitJournal.com


LIRE AUSSI :
- Centres de FLE en France : une situation dramatique

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- Enseignants de FLE : une profession sinistrée
- Centres de FLE : démarches qualité et stratégie de promotion

Publié le 6 août 2020
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Contribution label FLE : démarches conjointes des professionnels

Dans un courrier adressé au Directeur général de France Education international, le Groupement Souffle réitère sa demande d’annulation, faute de moyens, de la contribution annuelle des centres au label (...)

Dans un courrier adressé au Directeur général de France Education international, le Groupement Souffle réitère sa demande d’annulation, faute de moyens, de la contribution annuelle des centres au label qualité FLE.


Cette demande est également formulée dans un courrier adressé par le Président de la Fondation des Alliances Françaises, au nom des Alliances Françaises de France labellisées.

De son côté également, le Directeur général du réseau des écoles France Langue a adressé cette même demande d’annulation.

Le groupement FLE devrait s’associer à cette démarche conjointe dont les termes font consensus à ce jour parmi les directeurs de centres :

"L’impact de la crise sanitaire mondiale sur l’activité des centres d’enseignement du français langue étrangère en France place nos établissements dans une situation de quasi arrêt de leur activité depuis 4 mois.

Outre les conséquences dramatiques de cette situation pour nos équipes, nos collaborateurs et nos prestataires, cette situation nous prive de tout moyen financier pour acquitter la participation forfaitaire au dispositif de labellisation qualité FLE pour l’année en cours.

Nous souhaitons en conséquence que l’annulation de cette cotisation pour 2020 et 2021 soit inscrite à l’ordre du jour du prochain Conseil d’administration de France Education International.

Nous tenons par ailleurs à exprimer notre attachement au dispositif de labellisation et entendons oeuvrer à notre place à son maintien."

Cette démarche concertée inédite vise à attirer l’attention de l’opérateur public sur une réalité dramatique. Elle se veut porteuse des intérêts de toute une profession, toutes catégories confondues, centres publics et privés.

En demandant que cette annulation soit actée lors du prochain CA de France Education International les signataires manifestent leur souci que tous les centres labellisés soient placés sur un pied d’égalité.

Enfin, en rappelant leur attachement au dispositif de labellisation, les groupements marquent leur intérêt autant qu’ils expriment leur attente d’un partenariat bien compris entre l’opérateur public et les centres de FLE.

Un tel partenariat appelle de la part de France Education International une adaptation de son mode de fonctionnement à une situation exceptionnelle, comme le font les autres opérateurs publics.


NOTES

(1) - cette contribution annuelle est de 1600 à 3750 € selon le CA du centre, avec engagement pour 4 ans.

(2) - le Groupement Souffle a annoncé de son côté qu’il annulait cette année la cotisation de ses membres, compte tenu de la situation et par esprit de solidarité avec les écoles quelle que soit leur situation.

PROCHAINS ARTICLES
- L’impact de la crise sanitaire sur les centres de FLE : enjeux et perspectives
- Enseignants de FLE : une profession sinistrée
- Centres de FLE : un domaine d’activité spécifique mais "invisible"


Publié le 27 juillet 2020
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Congrès mondial des professeurs de français du 9 au 14 juillet 2021

Le prochain congrès mondial des professeurs de français se déroulera du 9 au 14 juillet 2021 en Tunisie à Yasmine Hammamet, gouvernorat de Nabeul, sur le thème : Le français langue de partage. (...)

Le prochain congrès mondial des professeurs de français se déroulera du 9 au 14 juillet 2021 en Tunisie à Yasmine Hammamet, gouvernorat de Nabeul, sur le thème : Le français langue de partage.

Organisé par la Fédération internationale des professeurs de français, ce 15e congrès, initialement prévu en juillet prochain, a été reporté à juillet 2021, dans le même centre de congrès, La Médina à Hammamet.

Organisé pour pour la première fois dans le monde arabe, ce congrès succède à ceux de Québec (2008), Durban (2012), Liège (2016).

L’événement devrait réunir 1500 participants environ : enseignants de français langue maternelle, langue seconde ou langue étrangère dans le cycle primaire, au collège, au lycée et à l’université, inspecteurs, décideurs, responsables pédagogiques, chercheurs, experts, éditeurs, écrivains, libraires et acteurs culturels.

Au programme : conférences, tables rondes, ateliers, présentations, partages d’expériences, permettront de décliner le thème du congrès, sous la forme de 7 symposiums thématiques.

En savoir plus :
Congrès mondial des professeurs de français. Nabeul 2021.


Publié le 18 juillet 2020
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Le Français dans le monde : numéro de juillet-août 2020

Au sommaire du dernier numéro de la revue un dossier : "#coronaFLE, répondre à l’urgence". Voici des extraits du sommaire et plus bas l’édito de Sébastien Langevin. Extraits du sommaire : DOSSIER - (...)

Au sommaire du dernier numéro de la revue un dossier : "#coronaFLE, répondre à l’urgence". Voici des extraits du sommaire et plus bas l’édito de Sébastien Langevin.


Extraits du sommaire :
DOSSIER - #coronaFLE – Répondre à l’urgence
- Métier : Une vie de prof confiné au Maroc /
- Réussir une classe virtuelle
- Portrait : Steven L. Kaplan : no pain, no gain
- Langue : Les mots de nos maux
- Culture : culture numérique ou culture vivante ?
- Politique linguistique : Luxembourg, un Babel sur Moselle ?
- Vie de profs : "Le confinement a bouleversé nos pratiques
enseignantes"
- Initiative : Test de placement en ligne : optimiser l’apprentissage
- Focus : Lexique : difficultés d’apprentissage et remédiation
- Astuces de classe : Comment favoriser la participation en classe
virtuelle ?
- Tribune : La continuité pédagogique dans les centres universitaires de FLE

et... les fiches pédagogiques

> Feuilleter des extraits de la revue


L’édito de Sébastien Langevin, rédacteur en chef :

LES DIAMANTS SONT ÉTERNELS

Ce numéro 429 du Français dans le monde aurait dû paraître il y a deux mois. Le confinement strict instauré en France le 17 mars à la suite de l’épidémie de Covid-19 ne nous a pas permis d’assurer la bonne rédaction, édition et diffusion de votre revue en temps et en heure.

Nous prions nos lectrices et lecteurs de nous excuser d’avoir ainsi, exceptionnellement, manqué notre habituel rendez-vous depuis… 1961. Né au mois de mai de cette année-là, Le français dans le monde a en effet entamé sa soixantième année de parution en mai 2020. Soixante années que cette revue
accompagne fidèlement les professeurs de français partout dans le monde : soixante ans, en termes de mariage, ce sont des noces de diamant.

Nous avons donc essayé de ciseler ce numéro au plus juste pour qu’il réponde à la fois à son rôle premier d’inspiration des enseignants de français pour leur cours et à l’urgent besoin de témoigner des multiples cas de figure apparus dans la profession lors de cette crise sanitaire inédite et mondiale. Les pages qui suivent mêlent ainsi nos rubriques habituelles et de nombreuses contributions qui tentent de refléter cette situation complexe. Un numéro à
multiples facettes, comme un diamant.

slangevin@fdlm.org


En savoir plus :
> Le Français dans le monde

Publié le 17 juillet 2020
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Enseigner le FLE : MOOC CAVILAM Alliance Française

La nouvelle session "Parcours Découverte" du MOOC Cavilam Alliance Française a débuté mercredi 15 juillet et se conclura le 27 septembre. Les inscriptions restent ouvertes jusqu’au 13 septembre. Le (...)

La nouvelle session "Parcours Découverte" du MOOC Cavilam Alliance Française a débuté mercredi 15 juillet et se conclura le 27 septembre. Les inscriptions restent ouvertes jusqu’au 13 septembre.

Le Parcours Avancé sera également accessible plus tôt qu’à la normale ; il sera accessible aux participants qui auront validé leur Parcours Découverte et acheté le certificat de suivi dès le 23 juillet 2020. Après partir de cette date, les participants éligibles seront inscrits chaque semaine. Tous les détails à ce sujet seront communiqués au fil du parcours Découverte.

Ce MOOC certifiant s’adresse à toute personne qui souhaite acquérir les bases de l’enseignement du FLE et notamment les enseignants peu ou pas formés ou ayant difficilement accès à la formation continue. Les unités peuvent en outre servir de support de formation pour des responsables pédagogiques. Le cours est entièrement gratuit.

En savoir plus et s’inscrire

Publié le 15 juillet 2020
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Centres de FLE en France : une situation dramatique

C’est dans le contexte d’une situation dramatique liée aux conséquences de la crise sanitaire sur l’activité des centres de FLE en France que s’est tenu mercredi 17 juin le Conseil d’orientation du (...)

C’est dans le contexte d’une situation dramatique liée aux conséquences de la crise sanitaire sur l’activité des centres de FLE en France que s’est tenu mercredi 17 juin le Conseil d’orientation du label qualité FLE.


Nous reproduisons ici (entre guillemets) des extraits du compte-rendu de ce Conseil, publié hier, concernant la situation des centres et les réponses apportées par France Education International (ex CIEP) aux demandes de mesures d’urgence formulées unanimement par les représentants des centres de FLE.


La réunion en ligne s’est ouverte sur un état des lieux de la situation présente, aussi inédite que désastreuse, dans laquelle sont plongés depuis 4 mois les centres de FLE en France, toutes catégories confondues :

Annulations en cascade et arrêt de l’activité

“L’obligation de fermer leurs portes a entraîné le départ de la quasi-totalité des étudiants présents. La propagation de l’épidémie et la fermeture des frontières a eu pour conséquence l’annulation en cascade des réservations déjà faites pour l’été (période haute de l’activité) et l’arrêt brutal des inscriptions pour les mois à venir”

Les représentants de chaque groupement font alors état de la situation de leurs membres :

Pour la Fondation Alliance française : “Les Alliances françaises en France sont durablement touchées par la crise. Certaines paient un prix fort car cette séquence intervient à un moment où elles sont engagées dans des programmes massifs d’investissement avec une montée en gamme des services. Des formules de cours en ligne ont été mises en place. Les inquiétudes concernent les futures rentrées dont la rentrée de septembre et les annonces des gouvernements à l’étranger. La plus grande incertitude concerne l’amplitude de la crise économique mondiale qui touchera les classes moyennes, public cible des AF. Le marché des cours à distance s’accélère et fragilise encore plus les AF partout dans le monde. L’offre concurrente peut se construire sur les avantages comparatifs de chaque pays avec un client qui devient de plus en plus nomade sur le web.’

Pour l’ADCUEFE : “Les problématiques des 35 centres universitaires rejoignent celles des centres privés. Les centres sont passés au numérique pendant le confinement et ont donc respecté l’offre des DUEF. Beaucoup de partenaires européens ont repoussé les inscriptions pour l’année universitaire 2020-2021 au second semestre ; peu de préinscriptions pour la rentrée de septembre face à l’incertitude de la situation sanitaire ; réduction des effectifs avec non renouvellement des CDD et auto-entrepreneurs. À la rentrée, de nombreux centres proposeront une offre en ligne qui doit être vue comme complémentaire et non comme une finalité en soi car le bain linguistique reste le plus sûr moyen de s’approprier notre langue et culture.

Pour le réseau Ranacles : “la situation est la même qu’à l’Adcuefe. Tous les établissements ont été fermés pendant le confinement et les certifications annulées pour toutes les langues. La continuité pédagogique a pu être maintenue à distance dans la plupart des centres de langues. Mais il reste une grande incertitude pour l’organisation de la rentrée. Le congrès qui devait se tenir à Lille en novembre 2020 est reporté en 2021.

Pour la CTI - Commission des titres d’ingénieurs : “les réouvertures des établissements se font au cas par cas selon les régions notamment. Le distanciel reste une option envisagée pour la rentrée prochaine...

Pour le Groupement FLE : “Les établissements sont tous très touchés par la crise actuelle sans projection vers une amélioration dans un futur proche. 75% ont proposé des cours en ligne, 85 % sont en activité partielle, 60% des centres ont demandé des prêts garantis par l’État (PGE), 50 % des dirigeants ont un statut de travailleur salarié, et plusieurs centres prévoient des licenciements dans les prochains mois.

Pour le Groupement Souffle : “Tous les centres du groupement ont repris leur activité en présentiel et certains depuis le mois de mai afin de garantir un service aux étudiants n’ayant pu ou voulu quitter la France. La majorité des centres ont également assuré une continuité de service par des cours en ligne. Certains centres sont en difficulté et il n‘est pas impossible que des mesures appropriées soient prises pour permettre de passer cette période difficile. (1)

De nombreuses actions ont été entreprises par les deux groupements auprès du cabinet de Jean-Baptiste Lemoyne, de l’Assemblée nationale, des députés, des collectivités territoriales, d’Atout France…


M. Mourier, directeur général de FEI, est intervenu auprès du cabinet du ministre Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, pour vérifier le bon adossement de l’activité des centres de FLE labellisés à l’ordonnance du 23 mars 2020.

Un courrier commun signé par le DGLFLF et le DG de FEI a également été adressé au ministre afin de plaider en faveur d’une attention particulière à cette filière économique lors des arbitrages du troisième projet de loi de finances rectificatif, présenté au conseil des ministres le 10 juin.

En effet, malgré la confirmation de l’adossement à l’ordonnance du 23 mars 2020, le décret du 10 juin, tel qu’il est rédigé, ne permet pas de garantir la prolongation des aides de l’État pour les prochains mois : une incertitude sur le rattachement des cours de FLE au secteur “enseignement culturel” demeure. (2)

Aucune reprise de l’activité, liée à la situation internationale et à la réouverture des frontières, n’est annoncée. Beaucoup de centres ne prévoient pas d’activité avant le printemps 2021.

Une clarification de ce décret serait nécessaire, et les groupements comptent sur le soutien des membres de la commission et de FEI pour obtenir une réponse à ce courrier.

Jean-Luc Librati, président du Groupement Souffle, propose qu’un deuxième courrier soit proposé à la signature de tous les membres du conseil d’orientation afin d’appuyer cette demande de clarification."(3)

Cette situation exceptionnelle autant que dramatique pour les centres, pour leurs équipes et collaborateurs mais aussi pour leurs partenaires et prestataires place nombre d’entre eux en état de quasi faillite et menace d’ores et déjà la survie des plus fragiles.

Les groupements professionnels avaient donc saisi France Education International, gestionnaire du dispositif de labellisation, pour qu’une année blanche ou, pour le moins, une forte réduction de la participation forfaitaire annuelle au dispositif de labellisation soient envisagées.

Il a donc été répondu à cette demande, au cours de ce Conseil, par le directeur général de FEI :

Contribution forfaitaire annuelle maintenue pour 2020

“Pour 2020, les tarifs de la participation annuelle forfaitaire du label ne peuvent être modifiés et doivent rester ceux en vigueur. (3)

En revanche, sur demande écrite adressée à l’agent comptable et le sollicitant pour accord, en précisant pour motif “problèmes financiers liés au COVID-19”, les centres pourraient obtenir soit un report de leur dette, soit un étalement de cette dernière jusqu’à, dans la mesure du possible, fin 2020 ou début 2021.

Des aménagements "sous réserve" pour 2021

Il est proposé ensuite de soumettre à l’avis de la tutelle de FEI et au vote de son CA de novembre 2020 une baisse exceptionnelle de 50% du montant des tarifs de la participation annuelle forfaitaire du label, pour l’année 2021 uniquement.

Des diminutions de dépenses seront proposées en contrepartie pour éviter une perte financière importante pour FEI.

Cette décision exceptionnelle de diminuer le tarif 2021 qui sera présentée au CA de novembre 2020 n’est pas acquise car la tutelle pourrait la refuser si la dégradation des finances de l’opérateur le justifiait.

Pour 2021, si accord et vote au CA, les tarifs des participations annuelles forfaitaires seraient ramenées à 50% du tarif 2020. Le montant des frais d’inscription restant inchangé, soit 550 €."

En savoir plus :
Compte rendu intégral du Conseil d’orientation du 17 juin 2020


NOTES :

(1) - cette contribution annuelle est de 1600 à 3750 € selon le CA du centre.

(2) - dans la liste des secteurs d’activité éligibles aux mesures du Plan Tourisme, aucun ne correspond en effet à l’activité des centres de FLE. Seul "enseignement culturel" s’en rapprocherait, si ce n’est que dans la Nomenclature nationale des secteurs d’activité aucun des intitulés relevant de ce secteur ne permet de rattacher le FLE.

C’est la raison pour laquelle, Bénédicte Peyrol, députée de l’Allier, avait déposé un amendement le 2 juillet dernier à l’Assemblée nationale concernant le projet de loi de finances rectificative nº 3074, visant à ce que soit explicitement mentionné à l’alinéa 4 le secteur de la "formation en français langue étrangère". Cet amendement a été rejeté.

(3) - le Groupement Souffle a annoncé que, compte tenu de la situation et par esprit de solidarité entre ses membres, il annulait cette année la cotisation des écoles au groupement.

Le groupement est intervenu dès le début de la crise auprès des tutelles et des élus afin de sensibiliser ses interlocuteurs aux graves difficultés rencontrées par les centres de FLE, dans leurs relations avec les administrations notamment.

Il a par ailleurs saisi, en date du 7 juillet, le Centre Français d’exploitation du droit de Copie d’une demande d’exonération des droits annuels pour les centres de FLE.

Enfin, le Groupement Souffle envisage de saisir le Conseil de l’Europe dans le cadre de la mobilité étudiante intra-européenne.

(informations communiquées par le Groupement Souffle).


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- L’impact de la crise sanitaire sur les centres de FLE : enjeux et perspectives
- Enseignants de FLE : une profession sinistrée


Illustration : Carte Atout France des mobilités touristiques vers la France

Publié le 10 juillet 2020
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"Bienvenue en France" : 89 établissements déjà labellisés

La Commission de labellisation a réuni le 28 mai les conférences d’établissement - CPU, CDEFI, CGE - le HCERES, la CTI et Campus France. Ce sont désormais 89 établissements qui bénéficient à ce jour de (...)

La Commission de labellisation a réuni le 28 mai les conférences d’établissement - CPU, CDEFI, CGE - le HCERES, la CTI et Campus France. Ce sont désormais 89 établissements qui bénéficient à ce jour de ce label.


Dans le cadre de la Stratégie Bienvenue en France, Campus France a été chargé de la mise en œuvre du label "Bienvenue en France", qui fixe un standard de qualité pour la politique d’accueil des étudiants étrangers dans les établissements d’enseignement supérieur français.

Suite à la 5ème Commission de labellisation réunissant en date du 28 mai 2020 les conférences d’établissement (CPU, CDEFI, CGE), le HCERES, la CTI et Campus France, ce sont désormais 89 établissements qui se distinguent par ce Label.

Le Label se veut à la fois un outil d’information des étudiants internationaux sur les conditions réelles d’accueil au sein de nos établissements, un outil de valorisation auprès des internationaux des initiatives prises par les établissements dans ce domaine et enfin une démarche qualité pour améliorer les dispositifs d’accueil au sein des établissements.

A ce jour, 183 établissements d’enseignement supérieur se sont engagés institutionnellement dans la démarche de labellisation dont 107 qui ont déposé leur autoévaluation et 89 qui ont été labellisés à l’issue des commissions de labellisation du 1er juillet, 16 octobre, 4 décembre 2019, du 13 février 2020 et du 28 mai 2020.

Parmi les 183 établissements engagés, on compte : 67 universités et ComUE - EPE, 58 écoles d’ingénieurs, 29 écoles de commerce & management, 8 écoles d’art, 6 Grands Etablissements, 6 écoles de langues, 4 écoles de gastronomie, 3 instituts catholiques, 1 organisation internationale, 1 école spécialisée.

En savoir plus :
Label "Bienvenue en France"

Publié le 8 juillet 2020
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L’Alliance Française Paris île de France a ouvert L’Académie en ligne

L’Alliance française Paris Ile-de-France vient de lancer L’Académie : un portail 100 % en ligne destiné aux professionnels de l’enseignement du français langue étrangère / langue seconde. L’Académie (...)

L’Alliance française Paris Ile-de-France vient de lancer L’Académie : un portail 100 % en ligne destiné aux professionnels de l’enseignement du français langue étrangère / langue seconde.


L’Académie se veut un lieu d’échange où les enseignants du monde entier pourront dialoguer, trouver des ressources et se former.

Si l’Alliance française de Paris propose déjà de nombreuses formations en présentiel, la nécessité de pouvoir se former à distance est aujourd’hui devenue une condition sine qua non pour bon nombre de collègues dans le monde.

Cette offre vise à proposer des formations courtes, disponibles à tout moment et depuis n’importe quel endroit dans le monde, à un prix accessible.

C’est à travers des vidéos, des quiz en ligne ou encore des ressources consultables à sa guise que vous pourrez acquérir de nouvelles compétences ou accentuer celles que vous avez déjà. Les Rendez-vous de l’Académie, des rencontres en ligne proposées de manière régulière par nos formateurs experts viendront compléter cette offre.

Après la journée de lancement, jeudi 25 juin, un premier rendez-vous en ligne est organisé vendredi 3 juillet de 15h à 16h pour présenter le site internet dédié à cette offre et permettre aux participants d’échanger avec les formateurs qui ont créé les modules de formation.

L’Alliance française Paris Ile-de-France est partenaire Fle.fr

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Publié le 8 juillet 2020
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Sur le bout des langues : l’actualité du français et des langues de France

Retrouvez chaque semaine sur Fle.fr la Lettre d’information de Michel Feltin-Palas, rédacteur en chef à L’Express, consacrée à la vie du français, des langues de France et à la diversité linguistique. (...)

Retrouvez chaque semaine sur Fle.fr la Lettre d’information de Michel Feltin-Palas, rédacteur en chef à L’Express, consacrée à la vie du français, des langues de France et à la diversité linguistique.


Extraits et sommaire de la Lettre du 7 juillet :

"Jean Castex : j’ai un accent et alors ?

Les intonations gasconnes du nouveau Premier ministre ont suscité de nombreux commentaires. Comme si, en France, l’on ne pouvait accéder aux plus hautes fonctions qu’avec l’accent standard...

C’est l’une des remarques que l’on a entendues après la nomination de Jean Castex à Matignon. "Tiens ? Il a un accent". Enfin, cela, c’est la version neutre, car il y a eu aussi ce tweet de Bruno Jeudy, de Paris Match : "Le nouveau premier ministre n’est pas là pour chercher la lumière. Son accent rocailleux façon troisième mi-temps de rugby affirme bien le style terroir".

On m’accusera peut-être de faire de la pub pour mon dernier bouquin sur le sujet, mais ces commentaires m’incitent à rappeler quelques vérités souvent oubliées.

Oui, Jean Castex, né dans le Gers et élu dans les Pyrénées-Orientales, a un accent, mais Edouard Philippe aussi en avait un ! L’accent n’est en effet que la manière de prononcer une phrase. Dès que l’on parle, on parle "avec un accent". Il est donc significatif qu’on le fasse remarquer aux uns, mais pas aux autres.

Il est révélateur que l’on s’étonne d’avoir pour Premier ministre un homme qui ne s’exprime pas avec l’accent standard. Cela laisse entendre, en creux, que l’on a du mal à considérer que l’on puisse occuper une haute fonction en parlant français différemment.

D’autres réactions sont allées dans l’autre sens, sur le mode : "Avec son accent du Sud-Ouest, je le trouve plutôt sympa". Ce type de réactions n’est pas plus sensé. On peut être Gersois et antipathique ; on peut être Parisien et sympathique.

Etablir une équivalence, positive ou négative, entre l’intonation d’une personne et ses qualités morales ou intellectuelles supposées, relève de l’a priori. Il faut juger Jean Castex - comme quiconque - sur ses actes et ses paroles, pas sur la manière dont il s’exprime.

Qu’il y ait des accents différents en France ne devrait pas être un problème. Le problème est que, de toutes ces manières de parler, une seule est jugée non seulement "neutre", mais supérieure aux autres. Comme s’il suffisait de ne pas avoir l’accent standard pour être soupçonné d’énoncer des stupidités.

Le philosophe et historien des sciences Michel Serres, qui n’était pas exactement le dernier des imbéciles, rappelait qu’il avait dû attendre 60 ans pour être pris au sérieux et avait été rétrogradé à l’agrégation en raison de ses intonations d’Agen.

Langues, accents : les discriminations oubliées

Contrairement à ce que l’on croit souvent, cet accent standard n’est pas celui de Paris, mais celui de la bourgeoisie intellectuelle de l’Ile-de-France, ce qui n’est pas la même chose. En réalité, les intonations du titi parigot à la Arletty, comme celle des jeunes des cités pudiquement qualifiées de "difficiles", sont tout aussi stigmatisées que les accents de Marseille ou des Vosges.

Ce qui signifie que cette hiérarchie est la marque non seulement d’un mépris géographique - celui de la capitale vis-à-vis de la province - mais aussi d’un mépris social - celui des "élites" vis-à-vis des classes populaires. Dans une République qui prétend être au service du peuple, cela pose un léger problème.

L’accent est un attribut de la personnalité au même titre que la religion ou la couleur de peau. "Rejeter votre manière de parler, c’est rejeter votre personne même", explique le sociolinguiste Philippe Blanchet, l’inventeur du mot "glottophobie". Ce terme, forgé sur le modèle de "xénophobie" ou "homophobie", permet de montrer qu’il s’agit du même ressort : on rejette quelqu’un pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait.

Cela s’appelle une discrimination. [...]"

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Egalement au sommaire de la Lettre :

  • Les poncifs glottophobes de Bruno Jeudy
  • La vague verte, une bonne nouvelle pour les langues régionales ?
  • Poutine impose la primauté de la langue russe
  • Menaces sur l’enseignement du français en Louisiane

Lire aussi sur le blog de Philippe Liria :
Paris choqué : le nouveau Premier ministre ne parle pas pointu !


Publié le 7 juillet 2020
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Un bien étrange printemps... et des défis pour la rentrée

Les responsables de l’ASDIFLE, Association de didactique du français langue étrangère, ont adressé un message aux adhérent/es dont nous publions ici l’intégralité. "Nous avons traversé un bien étrange (...)

Les responsables de l’ASDIFLE, Association de didactique du français langue étrangère, ont adressé un message aux adhérent/es dont nous publions ici l’intégralité.


"Nous avons traversé un bien étrange printemps. De Paris à Madrid et de Séoul à Pékin, en passant par New-York et Buenos Aires, annulation des colloques, reports de rencontres prévues de longue date, chute libre des échanges d’étudiants internationaux, réduction drastique des budgets.

Chaque semaine a apporté son lot de doutes et de chiffres inquiétants.

S’il est trop tôt pour savoir ce qui émergera de cette situation inédite, un élément semble récurrent : les musiciens jouent devant un public qu’ils imaginent, les comédiens enregistrent des textes qui s’envolent dans des espaces plus ou moins définis, les enseignants, chacun à sa place et avec des modalités très diverses, testent, voire inventent des dispositifs d’enseignement-apprentissage sans apprenants/étudiants/élèves visibles, ou visibles autrement, semaine après semaine.

Parler à un écran se révèle être une expérience qui peut être déstabilisante
mais nous n’avons pas eu le choix. Faisons l’hypothèse que ces mois d’isolement auront développé à la fois l’imagination et la rigueur de tous.

Au-delà de la maîtrise des outils techniques, des partages d’écran, des micros coupés ou activés au bon moment, les échanges ont été maintenus, grâce à des enseignants qui ont su se projeter dans un inconnu pédagogique, sans la régulation du feedback, mais aussi reformuler, réinventer ce qui se passait dans l’ici et maintenant de la classe. Adaptation des enseignés, qui ont découvert que les nouveaux supports ne servaient pas qu’aux jeux de tous types…

Tout ne s’est pas passé idéalement bien sûr. Les centres de langue en France et hors de France vivent une situation très difficile, des enseignants perdent des contrats, des enseignés disparaissent.

Mais quelque chose a changé, et les outils numériques, partout et de plus en plus souvent, feront désormais partie du dispositif ordinaire des enseignements de langue.

Tenir la barre entre imagination et rigueur, rigueur et imagination, quel défi stimulant pour la rentrée prochaine !

L’Asdifle s’inscrit dans la réflexion qu’induit nécessairement cette profonde modification des pratiques.

La situation des universités restant trop instable pour pouvoir maintenir la date de notre journée d’études initialement prévue en octobre, faisant suite à la journée professionnelle de janvier, sur la thématique : "Multisupports et multimodalités", nous devons la reporter à 2021.

Notre prochain rendez-vous est donc fixé au vendredi 9 octobre, dans les locaux de l’Alliance française de Paris, pour une AG ordinaire annuelle.

Passez de très belles vacances !"

En savoir plus sur l’ASDIFLE


Publié le 3 juillet 2020
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