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Le cartable connecté de l'été vous invite à une promenade sur Youtube et autres sites de vidéos "en libre accès" pour l'été.
Les vacances en temps de crise, qu'est-ce que cela donne ?
MDR : mort de rire !
Cela donne un rire mesuré, comme seuls les Français en sont capables, à en croire Olivier Mongin, philosophe expert.
Chez nous, "le rire est une affaire sérieuse" ! Article sur Philomag
Faire comprendre ce qui nous fait rire ou sourire est une gageure pour un professeur de français natif et un pari risqué pour un professeur de français étranger...
Les images, le cinéma, les vidéos offrent apparemment une entrée plus facile que les textes, en tous cas pour les publics jeunes. Pourtant, ce n'est pas parce qu'on entre par l'image que par miracle les malentendus, les décalages culturels s'effacent. Bien au contraire, c'est souvent lorsqu'on voit l'autre incapable de se dérider devant un extrait de film comique qui nous fait hurler de rire que l'on prend conscience que décidément, il n'y pas vraiment d'humour universel.
Comprendre ce qui fait rire dans un pays et le comprendre jusqu'à en rire soi-même de bon coeur est une compétence suprême, que le Cadre commun de référence ne reconnaït pas vraiment, ce que Tayeb Bouguerra, maître de conférences en sciences du langage à l'université Paul Valéry de Montpellier appelle avec beaucoup de sérieux la "compétence esthético-ludico-référentielle"
Notre humour est en effet particulièrement lié au langage, et assez peu au corps. Il n' y aurait que Tati pour jouer dans la même cour que Chaplin et Keaton. En effet, on peut partir de ces deux comiques universels pour approcher Tati.
Aujourd'hui, Gad Elmaleh est sans doute le comique le plus proche de cette lignée.
Notre humour n'a pas, comme dans de nombreux pays, de particularité régionale: les accents ne sont pas vraiment source de comique, sauf de manière caricaturale comme dans le film "Bienvenue chez les Ch’tis" ou ceux plus anciens de Marcel Pagnol.
Toujours selon Olivier Mongin, et en relation avec notre langue, l'humour français a une figure centrale, celle du "nul", du minable, du frimeur qui compense par le langage.
Jean Dujardin et son personnage OSS 117, la caricature du Français arrogant, en est un exemple :
La publicité pour" La Marche de l'empereur"est bien connue et joue sur l'ambigüité de la langue :
Humour qui se joue de ceux qui ne savent pas manier la langue, qui n'ont pas su ou pu évoluer avec le monde, mais avec une sorte de tendresse comme le font "Les Deschiens".
"C'est pas un simple câble qui va passer sous deux rangs de poireaux qui va vous... "
Internet
Mais ce dont on rit, encore et toujours c'est de corps et de sexe évidemment, et Bigard remplit des Bercy avec ça !
L'humour gras, ce fameux humour gaulois a t-il ses équivalents ailleurs ? C'est à discuter avec vos étudiants : un produit qui, s'il n'est pas exportable, est loin d'être en rupture de stock !
Il est bien loin le tenps de "Les Tontons flingueurs" à l'accent parisien :
"J'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux 4 coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts, façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop, j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile !"
On rit aujourd'hui de l'identité française, éclatée en communautés, avec ses figures d'"étrangers":
La figure du juif avec Elie Semoun, celle du Français d'origine magrébine avec Jamel Debbouze...
La ZEP
Rire politique ?
Le rire a dans beaucoup de cultures une fonction subversive bien connue. En France, il semble que le rire politique soit un peu en panne depuis Coluche. Les Guignols de l'info sur la chaine Canal + ont un peu perdu de leur mordant, Anne Romanoff et son ton "café du commerce" à l'émission de Michel Drucker sur France 2 peut difficilement faire sourire les étudiants étrangers.
Stéphane Guillon est réputé pour ses portraits au vitriol de personnages politiques ou de stars du cinéma et de la télévision, mais on préférera lorsque sa méchanceté s'exerce sur les marchés bios, par exemple. Attention : la dernière partie de la vidéo penche un peu du côté de l'humour gaulois...
Atelier Difusion : Et vous trouvez ça rigolo ? de
Gilles Castro
Page 56, la synthèse d'un atelier sur l'aspect éminemment culturel de l'ironie française.
Le dessin de presse, la bande dessinée pourraient faire l'objet à eux seuls d'une chronique spéciale et nous vous donnons rendez-vous en septembre pour cela.
En attendant, une petite sélection de nos dessins préférés :
BETTER FRENCH
Une professeur de français nous présente le résultat de plusieurs années d'observation et d'enseignement en Angleterre : trois ouvrages qui ne sont pas en ligne mais qui méritent le détour (ou le retour !) par le papier. Ces trois ouvrages, BETTER FRENCH, sont consacrés à la grammaire, au vocabulaire pour des niveaux intermédiaires.
L'auteur, Monique Jackman, a remarqué que les adultes et les adolescents qui voulaient parler couramment le français se heurtaient toujours aux mêmes difficultés, principalement d'ordre lexical et phonétique, difficultés qu'elle a essayé de rassembler dans ses ouvrages.
Dans la préface, elle donne des exemples : "What’s the difference between se promener and marcher, connaître and savoir, partir and quitter, en avance and tôt, ici and là? Are donc and alors interchangeable? What about grand and gros? Is there a difference between conduire and rouler? Why can’t prendre translate to take someone somewhere? When do you use c’est and il est? Can you explain s’agir? What is the French for to enjoy? There are several ways to say don’t mention it, which is the best one? When do you pronounce the final ‘s’ in plus?".
Les enseignants de FLE pourraient y trouver des questions que les étudiants anglophones leur poseront un jour ou l'autre. Les dictionnaires, ajoute Monique Jackman, semblent soit trop gros et détaillés, soit trop succincts avec des définitions générales. Ce qui manque, c'est une explication de classe et beaucoup d'exemples pour illustrer les différences.
L'idée de ces ouvrages c'est donc d'offrir un compromis entre le recueil de textes, le dictionnaire et le précis de grammaire, avec des explications synthétiques et ciblées.
Les blogs : la lente mais sûre progression
Un mouvement s'amorce, semble-t-il, et les professeurs "s'y mettent" ! Nous disions ici,en juin, que les blogs n'étaient pas aussi répandus qu'on veut bien le dire mais tout doucement, souvent sous l'impulsion de responsables pédagogiques particulièrement actifs, la contagion se fait. Ainsi, au centre Culturel Français de Milan : Chez Jérôme.
SurCampus FLE Education, le réseau francophone Ning, Joël Fleuranceau, enseignant de Français Langue Étrangère pour enfants, présente un très beau travail collectif sur un diaporama.
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Pourquoi enseigner la grammaire ?
Excellent entretien sur le site Franc-parler.org avec Danièle Manesse, professeur à l'université de Paris 3-Sorbonne Nouvelle.
"On surestime l’enseignement de la grammaire lorsque l’on croit qu’elle va apprendre à parler et apprendre à écrire. Il y a des pans de la grammaire qui sont indispensables, par exemple pour pouvoir maîtriser l’orthographe. En revanche, pour parler, il n’est pas nécessaire de connaître tout un métalangage, la grammaire dans ce qu’elle a de purement spéculatif. C’est ce que l’on a bien compris dans les pays hispanophones, mais aussi en Italie ou en Angleterre, par exemple, et ce que les Français ont encore du mal à admettre".
La mémoire : un quiz pour tout savoir
Sur "Les cahiers pédagogiques" de juin 2009, un quiz très bien conçu avec 10 questions qui font le tour d'un problème qui préoccupe les pédagogues.
Un entretien avec
Hélène Trocmé-Fabre, Chercheure en sciences humaines , Vous avez dit, vous avez pensé... "mémoriser" ? vient réaffirmer la conviction que " Ce que l’on mémorise, c’est sa propre activité ". On ne peut mémoriser que ce qui nous renvoie à une perception visuelle (ou auditive). Aucune chance de se souvenir d'un événement, d'un objet "hors sol", non relié".
Le "hors sol" est encore le type de formation que l'on privilégie, il serait temps de passer à la connaissance vécue, partagée, en action.